11 mars 2011

Mon enfant, ce bambou ?

 

J’aime à bavarder de pédagogie avec les mamans. Bien qu'éternelle ado, sur ce sujet, je me sens plus proches de mamans trentenaires à la culture traditionnelle, d’Afrique noire ou du nord, ou même d’Asie.

L’une d’elle me dit un jour : "Tu prends une tige de bambou. Jeune, on peut la tordre : elle est souple. Adulte, quand on la tord, elle se brise. Il en va de même avec les enfants".

Intéressant, même si on frôle les théories behavioristes.

 

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En ce moment, je me pose la question de l’autorité.

Je ne sais pas si l’on peut dire d’une maman de 8 mois qu’elle est « permissive », en tout cas, je ne suis pas autoritaire. J’utilise le « non » avec parcimonie, voire pas du tout. Je laisse mon fils jouer avec la nourriture, balancer ses jouets au dessus de son lit, me tirer les cheveux, m’attraper les lunettes… Je pars du principe que cet enfant, à l’âge qu’il a, a besoin de découvrir son environnement, de toucher à tout. Il découvre les matières, les formes, les sons. Alors il touche à tout, il agite, tire, tors, met à la bouche… Il découvre la vie et ce qui la compose. Ses sens sont au paroxysme de leur éveil et je ne veux surtout pas les brider.

Ma permissivité trouve son origine, non pas dans le laisser faire, mais dans le laisser découvrir….

 

Depuis peu, il fait ce que l’on peut appeler des crises. Si il souhaite attraper quelque chose et que je ne lui permets pas (la sécurité en serait la seule raison, quelle horreur, j’y reviendrai) il se jette en arrière, par terre, se met rouge de colère et hurle. Il apprend la frustration et affiche un caractère bien affirmé. Je ne me laisse pas encore dépasser, mais je sens que ça pourrait bien être le cas.

 

Je remets donc en cause ma façon de faire. Apprendre la frustration. Dire non à un enfant. Lui fixer des limites. L’écrire me fait du mal, mais j’ai bien l’impression que cette étape est indispensable. Le bambou est encore souple. Mais comment ne pas faire le parallèle avec les théories behavioristes ? Mon enfant n’est pas un bambou et encore moins un caniche à qui je donne un sucre pour le récompenser, ou une fessée pour le punir. Je souhaite révéler sa nature qui, comme tout être humain vierge de toute influence sociale est bonne, et non la façonner comme il est entendu de faire avec les enfants aujourd’hui.

 

"Les punitions, les menaces, les humiliations n'atteignent jamais leur but à long terme, parce qu'elles provoquent colère et rancœur, parce qu'elles portent atteinte au lien entre parents et enfants."

La véritable nature de l’enfantJan Hunt

 

Je suis face à un dilemme, pour lequel je n’ai pas de solution idéale.

Donc j’essaye d’être une mère suffisamment bonne (sans faire référence à la good-enough mother de Winnicott) et de suivre mon instinct de mère, sans m’enquiquiner des questions du « trop » ou du « pas assez ». Pas toujours évident d’avoir confiance en la mère qui est nous.

Posté par chablog à 14:25 - Commentaires [5] - Permalien [#]
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Commentaires sur Mon enfant, ce bambou ?

    coucou...merci d'être venue sur mon blog et merci du commentaire...
    Si j'ai bien compris tu as un petit de 8 mois c'est cela...en effet tu commences juste à avoir un aperçu de ce qui sera l'opposition Attends qu'il approche des deux ans et la tu pourras hurler à la lune...lol
    Ici j'ai 3 enfants et mon schéma de pensée et d'éducation évolue d'année en année, d'enfants en enfants, et d'expérience en expérience...et de lectures en lectures aussi d'ailleurs.. je peux te conseiller de lire certain article de mon blog, ou quelques livres d'ailleurs ou, comme je l'explique dans mes articles, tout n'est pas bon à
    prendre, mais qui permettent une approche différente de l'éducation/dressage traditionnelle...Et je suis prête à discuter avec plaisir même!!! (et par mail si tu le veux...)PS tu connais le magazine "Grandir Autrement" ???

    Posté par maman caillou, 11 mars 2011 à 19:15 | | Répondre
  • Grandir autrement, oui, j'y suis abonnée ! Merci pour ton message et à bientôt.

    Posté par cha, 12 mars 2011 à 15:05 | | Répondre
  • Pas encore de crises chez nous (Toto a 9 mois) et je suis aussi jugée comme "permissive" par mon entourage. Pour les mêmes raisons que toi d'ailleurs.

    Cela dit je ne me pose pas encore trop de questions sur la frustration car je sais que mon fils y est confronté tous les jours, par les limites de ses propres capacités.

    En ce moment, on commence d'ailleurs le sevrage mais je suis assez contente car ça se passe finalement assez bien, de manière souple pour lui et moi.

    Disons qu'une de mes peurs c'est que plus tard, je me rende compte que j'ai "pourri" mon fils en étant trop permissive (oui les préjugés de mes parents sont bien bien ancrés, le lâcher prise est difficile). Tout en ne pouvant pas faire autrement au moment M que de lui permettre de toucher ce qu'il a envie de toucher s'il ne se met pas directement en danger.

    Posté par Winnie, 15 juin 2011 à 23:26 | | Répondre
  • Je reviens là-dessus parce que je viens d'y repenser ce matin.

    Moi l'image du bambou ça ne me parle vraiment pas du tout. Je n'ai pas l'impression que mon rôle soit de "tordre" mon fils pour le rendre souple. Je ne vois pas mon rôle d'éducatrice comme des contraintes à lui appliquer, je me situe en fait totalement dans les idées de Montessori : l'enfant possède une énergie vitale qui va l'amener à grandir, le parent doit observer l'enfant et faciliter l'épanouissement de cette énergie.
    Je me vois plutôt comme un tuteur qui apporte du soutien, pour le coup on est loin du bambou.

    Pour reprendre la métaphore, il me semble que c'est finalement la capacité de s'adapter qu'il est important "d'apprendre" aux enfants pour qu'ils ne brisent pas adulte. Enfin plutôt de "d'aider à se développer".

    Pour revenir sur les interdits, pour moi ils sont toujours justifiés (on ne met pas les doigts dans la prise pour ne pas s'électrocuter), ils me semblent donc s'adresser à l'intellect de l'enfant... donc tant que mon fils ne parle pas, je ne vois pas trop l'intérêt de lui poser des interdits dont je ne peux pas vérifier qu'il les ait bien compris.

    Evidemment, c'est mon ressenti personnel à ce moment M, comme en témoigne maman caillou, y'a de grandes chances qu'il évolue dans le temps et avec les enfants.

    Posté par Winnie, 16 juin 2011 à 09:03 | | Répondre
  • Merci pour tes remarques.
    Cette dame ne voulait pas dire qu'il fallait "tordre" l'enfant pour le rendre souple, mais plutôt qu'à cet âge là il est suffisamment souple pour être guidé. Bon, encore une fois, je n'adhère pas totalement à cette idée là, même si je la trouve intéressante.

    Concernant la pédagogie Montessori, je suis en train d'entrer dedans. J'ai commandé "l'enfant", de M. Montessori, et un autre bouquin d'activités Montessori à faire à la maison pour les 0-3 ans.
    J'en dirai quelque chose ici, c'est sûr.

    La question que tu abordes qui est intéressante, c'est celle des interdits.
    Est ce toujours justifié ? il l'est pour toi, mais l'est-il réellement ?
    Je suis en train de lire (oui, toujours) deux ouvrages qui abordent la question de l'autorité "Éduquer sans punir" de Thomas Gordon et "Au cœur des émotions de l'enfant" d'Isabelle Filliozat. Ils suggèrent quelque chose d'intéressant : assumer la conséquence de l'acte. Alors c'est sûr, dans le cas des doigts dans la prise, ca semble assez irréversible comme conséquence donc je conçois que l'on puisse être plus ferme, mais pour d'autres choses, ne rien dire, juste lui permettre d'assumer les conséquences de l'action.
    "Tu as fait tomber ton verre ? Tu vas chercher une éponge".

    Bon, tout ca, pour l'instant, je n'ai pas encore eu l'occasion d'expérimenter, il est encore un peu petit....

    Mais oui, sous couvert de sécurité, le "non" fuse à la maison et ça, ça m'agaaace !

    Posté par Cha**, 16 juin 2011 à 15:25 | | Répondre
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