23 mai 2011

Lectures anarchiques et boulimiques

 

J’ai commencé, il y a un moment, maintenant, Le maître et Marguerite de Michael Boulgakov. Une œuvre incontournable de la littérature Russe du  XXème.

boulgakov

 

Comédie complètement loufoque, récit burlesque, conte surréaliste… j’ai été surprise par le ton du roman.

Pourtant, j’en ai bouffé du roman Russe, du XIXème et du XXème, et j’adore ça. J’adore d’ailleurs tout ce qu’on a tendance à lui reprocher : les longueurs, les interminables descriptions, les foultitudes de noms, les liens de filiation impossible….

Bon, ensuite j’avoue, je ne suis pas arrivée à bout d’Anna Karénine de Tolstoï, mais ca, c’est l’objectif de toute une vie !

Pour en revenir au Maître et Marguerite, ce qui est étonnant, c’est qu’on ne retrouve aucune de ces spécificités propres aux romans Russes (et à beaucoup d’autres romans naturalistes d’ailleurs).

Non. Là, on a juste un mec complètement barré, qui n’est autre que Satan, accompagné d’un zig d’une laideur absolue, d’un chat noir qui fume le cigare, et d’autres acolytes aussi fascinants qu’effrayants.

Cet homme retourne le tout Moscou, et aime à taquiner l’élite littéraires, poètes et romanciers stéréotypés. En filigrane, critique du monde littéraire en Russie du début du XXème siècle…..

 

Je ne voudrais pas vous flinguer la fin du roman, d’autant que je ne l’ai pas fini. J’ai été littéralement arrachée à ma lecture par Sabine...

 

sabine

 

Acheté pour être lu après le Maître et Marguerite, j’ai été aspirée dans et par Sabine, de Maya Mihindou ; par ces trois gamins... dans une douleur que j’ai récemment connue. Par cette farouche envie de liberté… comme je la devine ! Par cette quête effrénée dans laquelle je suis, en permanence, bien que ce ne soit pas une grande ville que je cherche, mais moi-même. Eux aussi d’ailleurs, ne se cherchent-ils pas en abandonnant leur village derrière la forêt ? L’exil, ce n’est pas nécessairement abandonner son identité mais aussi la rechercher…

Les illustrations de M.Mihindou sont des poèmes. Le texte est presque accessoire. Il n’est là que pour faire lien entre les images. J’aime, ce trait, moderne et ethnique, où les corps se mêlent entre eux, où les corps se mêlent au paysages, où les paysages et les villes ont une âme, corps et membres brouillés, entrelacés, confondus, encore une fois, j’aime son trait et je bois Sabine jusqu’à la lie.

 

sabine_mihindou03

 

Pis une collègue m’a prêté Sombres printemps d’Unica Zurn. Petite mouche, dans la tête d’une petite fille qui aime son père à la déraison. Qui hait son adolescent de frère, à la curiosité sexuelle dérangeante, puisqu’il la satisfait avec elle, tandis qu’elle, a la décence de la satisfaire avec son chien. Qui entretient un amour platonique avec un homme bien plus âgé, à la piscine, oui.

A 10 ans, l’amour n’est pas moins sérieux que la douleur. Le texte est brut. Le texte est violent. Erotique. Sec et tranchant.

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Je reprends le Maître et Margherite, hein, mais les colères répétées de mon fils de 11 mois, m’ont amenée à me remettre un peu les pendules à l’heure de l’écoute et de l’amour. Isabelle Filliozat est un nom que j’entends souvent revenir, sur les sites de maternage. Alors, oui, c'est aux éditions Marabout... Au cœur des émotions de l’enfant. Un indispensable, au même titre que le concept du continuum. Ecouter son enfant, comprendre ses colères, saisir les raisons de ces colères et y remédier sans heurts... Simplement, écouter.

Les__motions_A

Je suis toujours en cours de lecture mais déjà, j’ai arrêté de m’agacer. Force est de constater que ca fonctionne. Non pas qu’il ne fait plus de colères (mais que veux dire la colère d’un enfant de 11 mois ?) mais je les appréhende différemment si bien que maintenant, à la maison : tout va (presque) bien -pour l'instant.

« Fait ta colère, chéri, pas de problème. Je vais essayer de finir le Maître et Marguerite »

Posté par chablog à 16:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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